L’addiction au « connecté »

L’addiction au « connecté »

Les risques d'une addiction aux smartphones, ordinateurs, consoles de jeux, etc.

Professeur en Psychologie à l’université de San Diego, Jean Twenge (2009) étudie les différences entre générations depuis plus de 25 ans. Cette chercheuse constate que la génération née entre 1995 et 2012 montre une inquiétante propension à la solitude ainsi qu’au développement de l’anxiété et de la dépression. Principal coupable : le Smartphone, avec ses connections aux réseaux sociaux et messageries, en remplacement de toute autre activité. Ainsi, ces jeunes passant physiquement moins de temps avec leur entourage (pairs et familles) se renferment sur eux-mêmes. Il serait bien entendu légitime de se demander ce qu’il en est alors de la télévision, de l’ordinateur ou encore de la console de jeux aujourd’hui également « connectable»…

Les études ont aujourd’hui démontré un lien de corrélation entre santé psychique et une utilisation connectée du Smartphone ; mais qu’en est-il du lien de cause à effet ? Est-ce le Online qui affecte la santé psychique ou sont-ce les personnes déjà fragiles qui passent plus de temps en ligne ? Il s’agit probablement des deux. Une personnalité à la base intravertie sera plus rapidement sujette à passer trop de temps en ligne, l’extraverti étant plus apte à socialiser hors virtuel ; et plus un jeune est connecté, plus il tendra à se renfermer et ainsi potentiellement développer des signes de dépression et d’anxiété. Ainsi, aux vues des éléments de recherche et de mon activité clinique, je constate le cercle vicieux suivant :

Nous préconisons ainsi de focaliser les interventions sur les aspects de santé psychique (encourager une bonne communication parent enfant, des activités sociales et familiales hors ligne), et sur le temps passé en ligne, grâce à la mise en place des règles ZENkids qui le permettent ; cela afin d’éviter le développement d’une réelle addiction au « connecté ».

Pourquoi parler d’addiction ? Ofir Turel, professeur en Systèmes d'information à l'université de Californie (2011), constate que les réseaux sociaux ont un effet sur le cerveau proche de certaines substances addictives ; il y a en effet des récompenses – comme le nombre de « Like » obtenus, les vidéos postées, etc. – qui encouragent l’utilisateur à revenir sur le réseau social afin de voir combien de « Like » il aura obtenu ou quelle nouvelle vidéo il aura pu découvrir. L’institut de recherche public américain (National Institute on Drug Abuse) s’est même demandé si la baisse de consommation d’alcool et de drogues dures était liées à un comportement en ligne augmenté, une addiction en remplaçant une autre …

 

Julie Fradkoff, psychologue travaillant auprès d'enfants et adolescents

 

Références

Turel, O., Serenko, A., & Giles, P. (2011). Integrating Technology Addiction and Use: An Empirical Investigation of Online Auction Users. MIS Quarterly, (35: 4) pp.1043-1051.

Twenge, J. M., Freeman, E. C. & Campbel, W. K. (2011). Generational Differences in Young Adults’ Life Goals, Concern for Others, and Civic Orientation, 1966–2009.

Twenge, J. M. (2017). Why Today's Super-Connected Kids Are Growing Up Less Rebellious, More Tolerant, Less Happy and Completely Unprepared for Adulthood--and What That Means for the Rest of Us.

https://www.nytimes.com/2017/03/13/health/teenagers-drugs-smartphones.html