Les risques liés à Internet pour les 13-17ans

Les risques liés à Internet pour les 13-17ans

Les risques pour la santé de votre enfant

Les enfants ayant un accès non limité à leur appareil peuvent parfois rester éveillés toute la nuit devant leurs écrans, à regarder des vidéos ou encore jouer à des jeux-vidéo.

Or, les nombreux changements physiques et psychiques liés à l’adolescence prennent à ces jeunes une énergie considérable, ces derniers ayant ainsi besoin d’aller en puiser plus dans leur sommeil. Une étude de 2017 (Shechter et al., 2017) s’est intéressée aux effets de la lumière bleue générée par nos écrans (télévision, tablettes, Smartphones) ; les chercheurs ont pu démontrer que l’utilisation d’appareils émettant cette lumière bleue avant le coucher contribuait à exacerber les troubles du sommeil (perturbation du cycle sommeil-éveil, insomnies), supprimer l’hormone appelée mélatonine (hormone dite du sommeil permettant à celui-ci de se faire) ainsi qu’à l’excitation physiologique de l’individu (on peut penser à des jeunes trop excités tant sur le plan physique que verbal, à terme source de tension familiale).

A force de répétition, les nuits sans sommeil ou avec un sommeil très perturbé impactent négativement la capacité de concentration de ces jeunes dès le lendemain, et ainsi leurs études. Autre aspect sanitaire, la sédentarité. Le risque de sédentarité consécutif à une trop grande immobilisation corporelle dans sa globalité est important ; cette sédentarité va impacter de façon négative l’hygiène de vie de ces jeunes, en : favorisant le surpoids par manque d’activité physique,  une mauvaise alimentation (se mettre à table autour d’horaires réguliers deviendra de plus en plus compliqué, comme se nourrir sainement) ainsi qu’un certain isolement du jeune qui à terme va le couper de son monde externe et le conduire à se renfermer sur lui-même – ce qu’il faut à tout prix éviter.

 

Les risques liés aux contenus

Saviez-vous qu’au moins 8 enfants sur 10 âgés de 11 à 13 ans ont déjà vu une image pornographique sur internet ?

Le problème du contenu inapproprié est majeur : l’accès à des images pornographiques, ou encore violentes,  est aujourd’hui on ne peut plus facile, et les effets psychologiques à ces âges si sournois et dévastateurs.

La vue d’images choquantes peut avoir un effet traumatique, et ainsi envahir les pensées de ces enfants au point de perturber leur sommeil (difficultés d’endormissement, cauchemars), les représentations en construction (de leur corps et du contact corporel en général), leur relations aux autres, mais aussi leurs apprentissage scolaires.

 

Le risque du "cyberbullying" ou cyberharcèlement

Ce nouveau genre de harcèlement se sert notamment des e-mails, messageries instantanées ou encore réseaux sociaux afin de porter atteinte à un individu, et ce de manière répétée dans le temps. Il peut s’agir de moqueries, injures, intimidations, la création d’un sujet de discussion à l’encontre d’un ou une camarade de classe, la publication d’une photo ou d’une vidéo de la victime en mauvaise posture, le sexting (voir plus spécifiquement le 4ème point), ou encore le piratage de compte et l’usurpation d’identité.

 

Le risque du harcèlement sexuel via Internet : le cybersexisme, spécifité du cyberharcèlement

Un jeune atteint de cybersexime peut être la cible d’insultes ou moqueries au sujet de son corps sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Snapchat, Musically...), recevoir des messages à caractère sexuel (« sextos ») le ou la mettant mal à l’aise, se faire humilier via la création d’un faux compte en son nom, ou encore voir des photos/vidéos de lui ou elle mises en ligne sans son accord (ou être menacé de cette mis en ligne).

Les chiffres publiés dans une étude française de 2016 traitant du cybersexisme (Centre Hubertine Auclert, 2016), montrent que sur une classe, 3 filles sont touchées pour 2 garçons. D’après l’étude, le cybersexisme est particulièrement violent de part son déploiement dans un espace virtuel, ce qui favorise l’anonymat et échappe au contrôle des adultes.

On peut observer chez un jeune subissant du cyberharcèlement, et en particulier du cybersexisme, une attitude changeante (comme un repli sur soi ou alors une extériorisation exacerbée du comportement), déprimée, voire agressive. Si tel est le cas, il est grandement recommandé de consulter sans attendre un professionnel de la psychologie de l’adolescent afin d’aider à  permettre une communication entre tous autour des souffrances éprouvées, trouver la meilleure façon de mettre fin aux agissements malveillants et enfin d’aider à la reconstruction émotionnelle et psychique du jeune.

 


Julie Fradkoff, psychologue travaillant auprès d'enfants et adolescents

 

Références :

Centre Hubertine Auclert. (2016). Le cybersexisme chez les adolescent-e-s (12-15 ans) : Etude sociologique dans les établissements franciliens de la 5e à la 2nde

http://www.e-enfance.org/

https://www.stop-cybersexisme.com/

Shechter, A., KIM, EW., St-Onge, MP. & Westwood, AJ. (2017) Blocking nocturnal blue light for insomnia: A randomized controlled trial. Journal of psychiatric research, 96, 196-202